Au lycée Gaston-Fébus d’Orthez, on ne bloque plus l’entrée : on bloque désormais, de l’intérieur, les portes des salles de classe. Combien sont-ils ? Selon Sud-Éducation, qui soutient le mouvement, 80 élèves actifs sur 618, soit à peine 13 %. Autrement dit, 87 % des lycéens ne bloquent pas. Une poignée d’élèves décide donc, pour tous les autres, qui a le droit d’aller en cours. Le ministre de l’Éducation l’a pourtant rappelé cette semaine : bloquer un lycée, c’est illégal.
Sud-Éducation n’en a cure : il cite ce même ministre pour contester toute sanction ! Et le comble, le syndicat réclame maintenant un bac 2027 « adapté » aux heures de cours perdues. Perdues à cause du blocage qu’il soutient ! Le sondage du conseil de la vie lycéenne le confirme. Environ 390 élèves y ont répondu : moins d’un sur cinq se dit bloqueur, et un sur quatre a peur pour son bac. Il y a donc plus d’élèves inquiets pour leur examen que d’élèves qui bloquent ! Même en additionnant bloqueurs et soutiens, on arrive à peine à un lycéen sur trois. De toute façon, le droit d’étudier ne se met pas aux voix. S’il n’y avait qu’un seul élève qui voulait travailler, il aurait le droit d’entrer dans sa classe.
Au-delà de leur lycée, les bloqueurs demandent l’application des « 10 mesures » des syndicats étudiants, dont l’Unef. Au programme : des APL pour les étudiants étrangers, la fin des frais d’inscription majorés pour les étudiants hors Union européenne, des poursuites contre les forces de l’ordre. Quel rapport avec le lycée Fébus ? Aucun. Avec l’extrême gauche, en revanche, le lien saute aux yeux. Le coût de ces mesures ? 10 milliards d’euros. Qui les réclame à l’Assemblée nationale ? La France insoumise. Et à Orthez, le 6 octobre, les drapeaux de La France insoumise et du Parti communiste flottaient au milieu des lycéens, devant la mairie. L’extrême gauche ne répare pas les fontaines : elle récupère les colères. Les jeunes d’Orthez méritent mieux que de servir de vitrine à des combats qui ne sont pas les leurs.
Car leurs demandes, elles, sont légitimes : des fontaines à eau qui fonctionnent, des repas plus complets, des classes mieux isolées, des volets dans la nouvelle salle de devoirs, un abri pour attendre le car. Je l’ai dit au conseil municipal du 14 octobre, je le redis aujourd’hui. Mais à qui les adresser ? Ni au proviseur, ni aux élèves : à la Région, propriétaire du lycée. Et c’est là que l’hypocrisie éclate. Le Parti communiste, dont les drapeaux flottaient devant la mairie, siège dans la majorité d’Alain Rousset, celle-là même qui a la charge de Fébus. Les communistes défilent donc contre l’état d’un lycée… qu’ils cogèrent !
De l’argent, cette majorité socialo-communiste en trouve pourtant toujours pour ses lubies. Lors de la seule commission permanente du 28 septembre, elle a voté 95 797 euros pour salarier un agent au Vietnam, et 101 849 euros pour un volontaire chargé d’études d’assainissement à Madagascar. Près de 200 000 euros à l’autre bout du monde, pendant que les lycéens d’Orthez attendent des fontaines et un abribus.
J’exige du rectorat qu’il garantisse à chaque élève l’accès à sa salle de classe, sans bac au rabais. Et je saisis le président de la Région pour qu’il présente enfin un calendrier de travaux précis pour Fébus. Je publierai sa réponse… ou son silence.
Les lycéens d’Orthez n’ont besoin ni de bloqueurs ni de leçons : ils ont besoin d’un lycée digne et de cours qui ont lieu.

